Les cancers de la prostate ou des testicules, très courants aujourd’hui chez les hommes, font encore l’objet de nombreux tabous qui rendent leur prise en charge compliquée. À l’occasion du mois de la sensibilisation à la santé masculine, la MCRN vous aide à refaire le point sur le sujet.

C’est quoi, le Movember ?

Movember

Vous avez peut-être déjà entendu ce terme sans trop savoir ce qu’il signifiait ! Le « Movember », aussi appelé « Novembre bleu », désigne un mouvement qui prend place chaque année en novembre, dans le but de sensibiliser le grand public aux questions de santé masculine, dont le cancer de la prostate ou des testicules, encore mal connus du grand public.

Mieux comprendre le rapport des hommes à leur santé

Le Movember s’appuie sur ce constat : les hommes prennent moins soin de leur santé que les femmes. Outre le fait qu’ils consomment plus d’alcool ou de tabac, ils vont aussi moins chez le médecin : une étude de l’INSEE démontrait ainsi en 2022 que 88% des femmes avaient consulté un médecin généraliste durant l’année passée, contre 80% d’hommes seulement… Et cet écart augmente lorsqu’il s’agit de médecins spécialistes (53% contre 42%).

De façon générale, les hommes ont tendance à moins s’inquiéter de leur santé, et à ne consulter qu’en cas de problème… Négligeant souvent les contrôles de routine qui sont pourtant cruciaux pour éviter certaines maladies graves, dont les cancers. Leur espérance de vie est ainsi plus réduite que celles de leurs congénères féminines, pour 80 ans en moyenne, contre 85 ans chez les femmes.

Des cancers très courants…

Aujourd’hui, les cancers restent encore la première cause de mortalité en France, devant les maladies cardio-vasculaires ou les accidents*, et, selon l’Institut National du cancer, les hommes représentent encore 56% de ces décès.

Bien qu’il ne soit pas le plus mortel, le cancer de la prostate reste néanmoins le plus fréquent chez l’homme, avec presque 60 000 nouveaux cas dépistés chaque année. Il concerne tout particulièrement les hommes de plus de 65 ans, et touche près d’un homme sur deux à partir de 80 ans**.

Le cancer des testicules, lui, est plus rare (seulement 1 à 2% de l’ensemble des cancers masculins), mais il touche davantage les hommes jeunes, âgés de 15 à 35 ans, chez qui il représente le cancer le plus courant***. Attention, donc : l’âge n’est pas le seul facteur de risque !

… mais encore tabous

La bonne nouvelle à retenir lorsqu’on parle de ces deux maladies, c’est que leur taux de mortalité diminue : lorsqu’ils sont détectés à temps et pris en charge, les cancers de la prostate et des testicules se soignent de mieux en mieux.

Malheureusement, parce que ce sont des maladies qui concernent l’intimité et la sexualité des patients, ces formes de cancers font encore l’objet de tabous importants ; les hommes hésitent souvent à en parler à leurs proches ou à faire des examens. Le but du Movember est donc aussi de libérer la parole à ce propos, pour que les hommes puissent s’emparer du sujet sans honte et sans complexe.

Les bons réflexes à adopter

En réalité, très peu d’hommes le savent, mais pour éviter toute frayeur, quelques gestes simples et quotidiens suffisent. Comme pour le cancer du sein chez les femmes, l’auto-examen régulier joue un rôle important dans la prévention. À partir de 25 ans, il est ainsi recommandé aux hommes d’effectuer une auto-palpation de leurs testicules, afin de vérifier l’absence de signes anormaux, comme une grosseur, une raideur ou un gonflement.

Dans le cadre du cancer de la prostate, il est aussi important de rester attentif à tout symptôme inhabituel sur le plan urinaire ou sexuel : en cas de besoin plus fréquent ou de difficultés à uriner, de douleurs au moment de l’éjaculation ou de la présence de sang dans le sperme ou les urines, il est important de consulter. Les troubles persistants de l’érection doivent également être pris au sérieux.

Un suivi médical plus simple qu’on ne le croit

En parallèle, un suivi médical préventif est également conseillé pour vérifier régulièrement que tout va bien. Et contrairement aux idées reçues, pas besoin de longs bilans de santé pour faire le point !

À partir de 50 ans, il est recommandé de se faire dépister du cancer de la prostate tous les deux ou quatre ans, en fonction de votre état de santé et de vos antécédents familiaux, et ce, même si vous ne présentez aucun symptôme alarmant.

Ce dépistage prend la forme d’un court examen clinique indolore, qui peut être réalisé directement chez le médecin, et/ou d’une prise de sang pour vérifier le dosage du PSA (Antigène Prostatique Spécifique) dans votre organisme. Un réflexe facile et rapide, qui permet d’avoir l’esprit plus tranquille au quotidien.

La MCRN vous accompagne dans vos démarches de prévention

Quel que soit votre âge et votre situation, la MCRN reste présente à vos côtés pour vous aider dans vos démarches de santé. Parce que la prévention est un de ses objectifs santé principaux, elle organisait en mars dernier une conférence en ligne sur le Movember et les cancers masculins.

Tout en refaisant le point sur les réalités scientifiques et chiffrées de ces maladies, la conférence visait à déconstruire les a priori des hommes sur le cancer de la prostate et des testicules, et à rappeler les différentes façons de prévenir ces maladies. La discussion, ouverte à tous les adhérents, était encadrée par l’association Cancer Osons et par l’oncologue Sophie Abadie-Lacourtoisie.

 

*Selon les informations de Santé publique France sur les cancers et les grandes causes de décès en France.

** Selon les informations du Centre Léon Bérard de lutte contre le cancer.

*** D’après les chiffres de la Ligue contre le cancer.